Votre message a bien été envoyé

Plantes médicinales

"Plantes médicinales. Infusions des savoirs". Une grande exposition sur les plantes qui soignent à découvrir en deux temps dans le parc du Jardin botanique jusqu'au 12 décembre 2021

Plantes médicinales. Exposition dans le parc

Prévue d’être ouverte en avril 2020, l’exposition Plantes médicinales. Infusions des savoirs n’a pas pu être officiellement présentée à la presse l’année dernière, suite à l’apparition de la pandémie de covid-19. Ce n’était que partie remise pour son équipe de concepteurs qui dévoile, en ce début d’année 2021, l’exposition dans son ensemble, mais avec un concept novateur dans la Villa : la possibilité de réserver l’exposition pour soi-même et sa famille.

Plantes médicinales. Un parcours dans le parc à travers 13 postes

Durant deux ans, un double parcours est donc proposé au public. Le premier se trouve dans le parc et peut être visité librement. En plein air, treize postes guident le visiteur à travers les collections botaniques jusqu’à l’entrée de la forêt. Chaque poste est reconnaissable grâce à une enseigne en fer forgé introduisant les différentes thématiques. 

Ressources majeures pour se soigner, les plantes ont de tout temps accompagné les humains dans le processus thérapeutique. Savoir les identifier, connaître leur vertu et maîtriser les dosages sont des conditions essentielles pour toute personne qui souhaite les utiliser. Cette connaissance passe par de nombreux processus souvent entremêlés, tels qu’un apprentissage oral ou écrit, des gestes répétés et des expériences individuelles.  Dans sa totalité, l’exposition propose aux visiteurs un éclairage sur différentes formes de transmissions de ces connaissances à travers le temps et le monde.

1. Materia medica

Suivre les traces écrites considérées comme la base de la médecine gréco-romaine nous fait remonter à l’Egypte antique où nombre d’auteurs ont puisé leur connaissance dans les bibliothèques de l’époque. Déjà le savoir circule dans le temps et l’espace à travers les manuscrits, seules sources d’informations connues de cette période. Pourtant, les pratiques thérapeutiques en cours ne peuvent se réduire à l’écrit. Du reste plusieurs auteurs ont inclus dans leurs textes les savoirs populaires transmis jusqu’alors par oral.  

2. Du chaudron au bûcher

Réminiscence de l’obscurantisme moyenâgeux, la chasse aux sorcières se déroule dans toute l’Europe de la Renaissance à la fin du 17e siècle.  Rien qu’à Neuchâtel, des centaines de personnes sont accusées de sorcellerie et périssent brûlées vives ou décapitées. Bien que les « coupables » soient autant des hommes que des femmes, l’Histoire retient une image féminine du mal. Entrent dans la catégorie des sorcières les guérisseuses dont les connaissances sur les plantes médicinales les rendent suspectes aux yeux de l’Eglise.  

3. Savoirs populaires

Au sortir du Moyen Age, l’Occident n’est pas épargné par les épidémies. La médecine, encore balbutiante, mais très empirique, ne connaît rien de l’origine de maux tels que la lèpre, la peste ou le choléra. Il faudra attendre la seconde moitié du 19e siècle pour découvrir les agents infectieux. En attendant, on attribue les fléaux à des causes divines. Pour se soigner, deux méthodes : les prières adressées aux Saints ou les préparations complexes de plantes, d’animaux et de minéraux ; potions héritées des savoirs populaires.

4. Le jardin du couvent Heiligkreuz

Dans notre imaginaire, le couvent est un symbole de la tradition, favorisé par la vie communautaire et ses règles immuables. Au cœur de cet espace, le jardin de plantes médicinales semble perpétuer, depuis des centaines d’années, une culture vivante immémoriale. En réalité celle-ci se perd et se recrée au gré des péripéties de l’histoire. Le cas du couvent Heiligkreuz, situé à Lindencham dans le canton de Zoug, en est une belle illustration. Il a connu une histoire très mouvementée, faite de ruptures et d’ouvertures sur le monde. Ce n’est qu’au milieu des années 1980 que la communauté, depuis longtemps active dans les domaines des soins et de l’éducation, transforme son potager en grand jardin de plantes médicinales.

5. Herbularius : une architecture cachée 

L’architecture médiévale d’un Herbularius ne laissait rien au hasard : le jardin était l’image du paradis, où la nature, organisée, représentait un monde idéal, oscillant entre symbolisme et fonctionnel. Au centre, une fontaine soulignait l’importance de l’eau pour le développement de la vie. Des roses incarnaient le sang du Christ, tandis que le lys blanc symbolisait la pureté. L’if ou le buis, toujours verts en hiver, illustraient la continuation de la vie, tout en marquant les limites de cet espace protégé. 

6. La fin de la botanique médicale

Jusqu’au 18e siècle, l’intérêt porté sur les végétaux n’était pas dissociable des vertus thérapeutiques qu’ils possédaient. Jean-Jacques Rousseau écrivit à ce propos : « ces idées médicinales ne sont assurément guère propres à rendre agréable l’étude de la botanique ». Médecin et féru de botanique, Abraham Gagnebin (1707-1800), qui enseigna à Rousseau comment herboriser, sera l’un des derniers naturalistes à annoter son herbier d’indications médicinales. Aujourd’hui, l’enseignement de la botanique n’inclut presque plus les usages thérapeutiques des plantes. 

7. Le monde pour pharmacie

Nos pharmacies sont riches de produits à base de plantes, dont la plupart ne poussent originellement pas sous nos latitudes. Les explorations d’autres contrées ont mis en lumière l’efficacité thérapeutique de certains végétaux. L’industrie pharmaceutique s’approprie alors la production et la transformation de ces plantes pour nous soigner. Au-delà de l’intérêt commercial suscité, il est intéressant de découvrir le parcours de quelques-unes de ces plantes devenues des panacées dans nos pharmacies. 

8. Des médecines millénaires

Les médecines chinoise, indienne, tibétaine et arabo-perse sont riches d’une histoire de plusieurs millénaires dans laquelle les plantes y tiennent une place centrale. Consignée par écrit, chacune de ces pratiques possède des particularités, mais subit également l’influence des autres traditions. Découvrez la similitude et la singularité de chacune de ces médecines, ainsi que leurs grands principes, éprouvés de longue date. 

9. Une herboristerie bosniaque

Au centre de la Bosnie, la ville de Travnik, qui vient du mot herbe, est un carrefour de religions et de cultures différentes. A la fin des années 1990, au sortir des guerres de Yougoslavie, de nombreuses personnes ont dû réinventer profondément leur mode de subsistance. Plusieurs se sont alors réorientées vers la pratique de cueillette des plantes médicinales. C’est le cas de la famille Grabus, dont le père s’est reconverti en herboriste. Il parcourt, avec son fils et sa femme, les montagnes alentour pour aller à la récolte des plantes qu’ils transforment et vendent au marché. Fortement empirique, la transmission des connaissances se fait par l’intermédiaire des livres et du numérique. 

10. Un marché ivoirien

La pharmacopée d’un pays n’est pas dissociable du contexte qui l’entoure. Les odeurs marquantes, les savants mélanges de plantes, les différentes manières de préparer un produit, les perceptions des maladies participent tous au processus thérapeutique. A Korhogo, ville située au nord de la Côte d’Ivoire, le marché des plantes médicinales, régi par l’oralité, montre que la connaissance fine des dosages et des essences dévoile un monde complexe dans lequel se mêlent science, croyances et syncrétisme. 

11. Un jardin en Amazonie

Alors que la pharmacopée moderne tend à enfermer et réduire les plantes à un ou quelques usages, de nombreuses populations forestières du monde entier, attribuent à une espèce botanique une multiplicité de noms et de vertus. C’est ainsi que le conçoivent les Awajun, une population jivaro vivant en Amazonie péruvienne. 

12. Une forêt-médecine en Nouvelle-Guinée

Dans un des plus hauts lieux de la biodiversité du monde, vivent les Kasua, population semi-nomade, qui partagent la forêt avec l’ensemble des vivants, animaux et végétaux, mais aussi les esprits. Dans leur représentation, les arbres sont classés, entre autres, selon quatre couleurs symboliques des maux qu’ils soignent. Connaître la forêt ne se transmet pas seulement par l’intellect, mais aussi et surtout par le sensoriel. Toucher, goûter, sentir, écouter une plante ou un arbre permet d’ancrer dans sa mémoire sa trace et l’empreinte de l’esprit qui l’habite.  

13. A l’écoute de la forêt

La science commence à démontrer ce que l’intuition et le bon sens savaient depuis longtemps : s’entourer de nature ou aller en forêt a des effets bénéfiques pour la santé. Une plongée parmi les plantes et les arbres est un acte à la fois de contemplation et d’introspection, deux éléments qui manquent cruellement au rythme effréné de notre mode de vie moderne. Ecouter, respirer et s’émerveiller devant cette nature dont nous ne sommes pas détachés, participe, à n’en pas douter, au processus thérapeutique.